13/04/2017

Assurance responsabilité civile du résident en maison de repos.

Je remets ici un peu de lumière dans le domaine de l’assurance du résident en maison de repos. C’est aussi une des clés de sa tranquillité.

L’assurance responsabilité civile ou RC familiale reste une couverture facultative en Belgique. Elle couvre votre responsabilité civile et celle des membres de votre famille pour les dommages corporels ou matériels que vous causez à un tiers. Les conditions générales du contrat varient en fonction de la compagnie d'assurances.

Lors de l’étape importante d’une entrée en maison de repos, on estime parfois à tort que cette assurance n’est plus utile pour le résident. La maison de repos a sa propre assurance responsabilité civile et est tenue de prendre les précautions nécessaires pour éviter les accidents avec leurs résidents. Or, l'objet de l’assurance de responsabilité civile de la maison de repos est très différent car y est visée la réparation des fautes commises par l’organisme et l'ensemble du personnel dans l'exercice de leurs activités et non les fautes dommageables des pensionnaires.

Le senior pensionnaire reste donc toujours civilement responsable de ses propres fautes. Dans son nouveau milieu de vie dense, où les accidents et chutes sont fréquents, le résident peut en blesser un autre, casser les lunettes de son voisin, provoquer la chute d’une personne en manipulant son fauteuil roulant. Avec des personnes vulnérables, une peccadille peut avoir des conséquences catastrophiques.

Certaines maisons de repos acceptant les animaux, la responsabilité du maître est engagée si un dommage est causé à un tiers par l’animal.

Enfin lors des sorties à l’extérieur, comme piéton notamment, il peut provoquer un accident et la responsabilité du résident reste engagée normalement pour les actes de la vie. 

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 “Les affaires interminables sont celles où il n'y a pas de difficultés.”

 Napoléon Bonaparte

Si vous souhaitez que le séjour en maison de repos de vos proches soit sans souci, maintenez leur assurance responsabilité civile en vérifiant qu’elle s’applique au nouveau milieu de vie (maison de repos). Prenez la précaution de notifier l’information par écrit à son assureur.

J’ajoute, si nous voulons être complets, que «la protection juridique», option souvent comprise dans cette assurance, doit aussi être incluse. Ce volet est essentiel pour le senior fautif, qui verra ses intérêts juridiques et ses droits directement préservés par son assurance car un sinistre en maison de repos évolue rapidement en un conflit juridique portant sur la détermination de la responsabilité.

Mon expérience m’a prouvé que beaucoup de seniors victimes d’un dommage mineur et leur famille sont moins enclins à emprunter une voie amiable ou négociée. Animés par une quête ultime de reconnaissance ou d'affirmation de soi, ils ne se résignent pas et préférèrent livrer la bataille forcenée de Waterloo contre le pensionnaire fautif affaibli, même pour un résultat dérisoire.

04/04/2017

"Le cercle des femmes". Sophie Brocas

Lia Palin vient d'avoir vingt ans alors que son arrière-grand-mère Alice, 90 ans, s'est éteinte paisiblement. Lia va rejoindre, dans les Landes où se trouve la maison de la défunte, sa mère Agnès, 47 ans, paléontologue, sa grand-mère Sol, tonique septuagénaire et la meilleure amie et confidente d’Alice, Marie, 90 ans. Durant ces quelques jours de deuil, elles mettent de l'ordre dans les affaires de l'aïeule. Lia, la narratrice du récit, découvre des carnets de notes et des lettres témoignant d’un douloureux secret gardé par la défunte pendant 60 ans et qui a ligoté la vie amoureuse des quatre générations de femmes. Que faire de ce secret ?

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«Marie avait sillonné la ville arabo-andalouse, fixé sur la pellicule les arabesques de fer forgé, le labyrinthe des buis et les fontaines chuchotantes de l’Alcazar»

           Séville

L’auteur.

Journaliste française,  Sophie Brocas a entamé une carrière de haut-fonctionnaire dans les ministères et la préfectorale et est devenue conseillère du président de la République, François Hollande. En mars 2017, à 56 ans, elle est la première femme préfet d'Eure-et-Loir. Elle a  écrit Le cercle des femmes (2014) et Camping car.

Commentaire.

Ce roman classique évoque les dégâts occasionnés par le secret entourant la  disparition du mari de l’arrière-grand-mère, Alice. Ce non-dit, pire ces mensonges construits par Alice ont décidé de la fragilité des liaisons amoureuses des femmes de la famille et ont ricoché comme un galet à la surface de chaque génération pour les victimiser.

Nous connaissons bien aujourd’hui les risques de taire nos secrets de famille puisque la psychogénéalogie depuis les années 1970 a montré que les troubles psychologiques d’une personne peuvent être conditionnés à son insu par les traumatismes ou secrets de ses ascendants.

9782260022008.jpgCe qui m’a semblé intéressant dans ce roman, c’est qu’il montre que  le nœud de la difficulté ne réside pas dans la nature de l’évènement initial mais dans le traumatisme vécu par Alice et des choix qu’elle a opérés. La  sève toxique  mensongère instillée par Alice à Sol et puis à Agnès tire son atrocité de l’insistance à maintenir son secret enfoui au détriment du bien-être de sa fille.

La vérité découverte à propos d'une histoire de famille qui émerge est souvent diffusée par étapes. Comme dans ce roman, ce qui a été occulté, percole et s’éclaircit au fil de temps parfois très longs.

En poursuivant par une recherche personnelle la quête de son histoire, Lia brise le cercle vicieux, retrouve son chemin et confiance en ses capacités. Elle peut faire, sans ombre, son album familial. Par contre, sa mère et sa grand-mère ne s’engagent pas dans ce chemin  direct pour une  réécriture de leur vie. Leur vécu est différent.

La plupart d’entre nous avons nos petits secrets, c’est respectable s’ils ne causent pas de souffrance ou de ravage à autrui. Par contre partager naturellement, sans attendre un moment final, toutes les informations qui touchent aux origines ou à l’avenir familial reste souvent la meilleure voie de respect du droit de nos proches.

Nous sommes aussi dépositaires directs ou indirects de secrets d’autres personnes. Si nous sommes des confidents loyaux, nous gardons ce secret jusqu'à l'oublier.

En parler ou pas? Pas si simple de rester passif devant la souffrance d'un tiers impliqué malgré lui. On mesure toute l’ambiguïté de la position de Marie, même après le décès de son amie. La vérité est à manier avec précautions d’autant que le secret n’a souvent plus les habits d'une vérité absolue purificatrice mais s’appuie sur des convictions, un climat d'époque dépassé plutôt que des preuves. Ce sera  grâce à Marie que Lia obtiendra les éléments utiles pour se libérer de sa souffrance injuste.

La vie moderne  plus décomplexée avec moins de tabous, les changements rapides du monde nous imposent de nous adapter rapidement. Cette flexibilité nous rend sans doute moins directement tributaires  aujourd’hui des mystères d’un noyau dur familial et à la fois plus aptes à partager dans la simplicité une parole libérée à propos de la situation traumatisante ressentie par un proche. D’où l’importance pour nous d’être à l’écoute dans ce cas...pour notre bien et celui de nos enfants.

Un passage.

 "J'avais plongé dans le taillis compliqué des non-dits, des craintes, des entraves données en héritage à la naissance.(...) Peut-être était-ce à moi de faire ce travail puisque ma mère avant moi et ma grand-mère avant elle y avaient renoncé."