14/02/2017

Entrer en couple en maison de repos.

C’est souvent après le décès de leur conjoint et  l’entraide mutuelle disparue que certains seniors+ envisagent leur installation en maison de repos.

Mais, avec l’allongement de l’espérance de vie, des couples octogénaires ne savent parfois plus, malgré les structures d’aides à domicile et le soutien familial, surmonter leurs difficultés.  Ils décident de quitter leur domicile pour  séjourner en maison de  repos. Leurs enfants, déjà seniors, encore au travail, s’occupent de leurs propres enfants, petits-enfants, des deux aïeuls (parfois plus..) et s’épuisent.

La solution de la résidence-services concerne des personnes âgées autonomes, et n’est plus à retenir dans une telle situation.  Cette proposition de résidence services devient fort coûteuse s’il faut y adjoindre, pour être aidé, une multitude de services qui sont payables à la carte.

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Trouver une solution pour un couple en maison de repos ou en maison de repos et de soins ?  

Pas si simple !

Aucun recensement d'offres/prix d’hébergement pour couples en maison de repos n’est disponible dans notre pays. L’infrastructure actuelle des établissements  n’est pas adaptée à ce cas. La quête d'un hébergement adapté pour deux personnes se compliquera des critères de budget à respecter.

En pratique, si un seul des conjoints a besoin de soins, l’autre partenaire continue habituellement à vivre dans le logement familial. Sinon ce partenaire, encore valide, paierait un taux quotidien quasi aussi élevé que son conjoint dépendant. Le couple vit de fait une séparation. Accepter cette rupture est pénible pour le couple âgé (sentiments divers d’abandon, de perte, de culpabilité, d’impuissance…). Leur famille tente de maintenir une continuité du cadre de vie avec plusieurs pôles d’attention à gérer: les visites au parent dans un home parfois éloigné, les visites à la maison au partenaire resté seul et les visites du vieux couple à organiser et à maintenir. La situation financière devient parfois délicate: la personne à domicile continue à avoir les mêmes frais de logement qu’auparavant, doit subvenir à ses besoins et assumer en même temps le coût du séjour en maison de repos du partenaire.

Un couple âgé qui dispose de plus larges moyens financiers, pourrait s’orienter vers la solution   raisonnable financièrement que serait soit un studio soit une chambre double en maison de repos. Certaines rares maisons de repos proposent à leurs résidents des chambres communes avec des tarifs moindres.

La vie quotidienne à deux dans un espace réduit ou dans une seule chambre ne sera possible que si l’entente du couple est harmonieuse, sans agressivité ni pathologie incompatible pour le conjoint (par exemple stades Alzheimer  6 ou 7). L’acclimatation  du couple dans l’établissement sera moins aisée,  avec  souvent une tendance à rester dans leur cocon ou havre de paix. Il ne sera pas simple pour eux de se lier avec les autres pensionnaires qui sont seuls, avec des préoccupations différentes, ni de vivre leur intimité de couple en maison de repos. Certains couples y parviennent cependant.

Si les relations  du couple ne permettent pas de croire possible une vie commune à long terme dans un espace exigu ou que leurs pathologies sont incompatibles, il faudra bien envisager deux chambres individuelles, si possible dans le même établissement, ce qui s'avère souvent problématique.

Si la même maison de repos peut accueillir les deux seniors individuellement, le spectre de la séparation n’est pas encore écarté. Les ailes, étages d’accueil peuvent être différents. Plusieurs couples à Bruxelles sont ainsi séparés. Arthur, 85 ans (atteint de la maladie d’Alzheimer) est dans une section plus confinée que son épouse Rose, 82 ans (qui a de graves problèmes locomoteurs) et qui est installée deux étages en-dessous.  Même les repas sont pris séparément.

La dépendance ne brise pas le lien conjugal. L’équilibre du couple âgé vacille au moment où le tandem découvre son impuissance à gérer ensemble l’accumulation des aléas de vie.

Autant le savoir: l’évolution du couple âgé plongé dans la dépendance est moins tributaire du handicap que de deux éléments  majeurs intrinsèquement  liés:

  • la qualité du rapport affectif qui a lié durablement les conjoints, et
  • l’espace de vie du couple, « le chez soi » où ce lien peut se déployer.

Si un espace physique dédié ne soutient plus la relation affective du couple, une différence s’installe entre les anciens  partenaires. Il y a une perte des repères, du vécu commun et de l'aide  de l'autre conjoint souvent masquée pour les tiers. Le bouleversement chez l’un et l’autre est tel que le couple se délite graduellement et cesse naturellement d’exister.

Il n'y a sans doute pas d'excellentes solutions actuellement pour ce dernier cap à vivre, pour ceux qui ont la chance d'être restés longtemps ensemble*.

 * A contrario, Le film «Amour» (M. Haneke), interprété par Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant, racontait la vie d’un couple octogénaire idéal, malmené quand l’épreuve arrive dans le couple et qui veut résister.  Le couple tente d'y faire face à deux avant de s'y perdre dramatiquement d'une autre façon.

Commentaires

Armonea: 388 couples âgés y ont fêté la Saint-Valentin.
En lançant un projet « L’amour n’a pas d’âge », le groupe Armonea a communiqué à l’occasion de la Saint-Valentin.
Dans les 83 établissements du groupe en Belgique, 388 couples âgés d'en moyenne 84 ans ont fêté la Saint-Valentin, dont 290 qui sont ensemble depuis plus de 50 ans.
Bravo!

Écrit par : Cécile | 15/02/2017

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