07/04/2015

Les piliers de financement d’un séjour an maison de repos se fragilisent aussi.(7/7)

Des facteurs politiques et normatifs pèsent, on vient de le voir, de plus en plus sur l’organisation du secteur des maisons de repos, les opérateurs et les coûts d’accès.

vase 3.jpg

L’âge d’or est passé et le vase se vide… 

Les deux piliers de financement d’un séjour en maison de repos pour des futurs seniors, la contribution du résident et le forfait payé par l’assurance soins de santé (Inami), risquent aussi de se fissurer suite au remodelage politique général, soit via la réforme des pensions, soit via des mesures fiscales évoquées ou  de nouvelles règles de financement des soins de santé…

- La capacité contributive des futurs résidents pourrait s’éroder en cas de pression fiscale accrue. Les retraites sont déjà insuffisantes  actuellement pour couvrir les frais de séjour en maison de repos. Pour beaucoup, la pension légale ne suffit déjà plus actuellement à payer la facture mensuelle de la maison de repos qui grimpe sans arrêt. Certains résidents utilisent leur épargne ou obtiennent un loyer de leur maison en complément et évitent ainsi de placer leur famille dans l’embarras. Que se passera-t-il en cas de taxation  supplémentaire de leurs revenus d’appoint ?

Les réformes socioéconomiques qui s’enchaînent  auront des incidences majeures sur les futurs revenus des individus. Sans compter les inégalités structurelles dont les femmes sont victimes sur le marché du travail,  la suppression de la pension de ménage, l’augmentation de l’âge pour la pension de veuve, l’allongement des carrières augmenteront le risque de pauvreté pour les femmes pensionnées et réduiront leurs chances d’accéder à un établissement de soins au moment où elles en auront elles-mêmes besoin.

 - Le financement Inami, second pilier pour l’intervention dans les frais de séjour devrait sans doute être beaucoup plus qu’étoffé pour prendre en compte le simple effet mécanique du doublement de la population âgée : en 2050, il y aura près de 1.250.000 personnes âgées de plus de 80 ans alors qu’en 2013, on en comptait  548.000 !

A terme des gens seront écartés « parce qu’on ne pourra plus les financer » prévoit Annemie Detramasure, Directrice de maison de repos, dans un entretien (Soir du 10 mars 2015). « On ne mettra plus dans les maisons de repos que les grabataires ».

                                                 ***

Des solutions alternatives existent mais devraient se développer massivement.

Il y a encore quelques mois, on n’imaginait pas possible de demander  aux prépensionnés belges une disponibilité « adaptée» sur le marché du travail alors que leur situation avait été légalement avalisée : cela fait grincer des dents et les syndicats se mobilisent.

Que demandera-t-on aux seniors ?

En France, l'ex-secrétaire d'Etat Rama Yade n’a pas hésité à proposer un "service civique senior" qui serait "obligatoire".

Que demandera-t-on aux futurs seniors + ? Une vulnérabilité "adaptée" ?

Qui les défendra? Qui nous défendra ?

Il vaudrait mieux anticiper et se poser la question.

16:37 Publié dans Quotidien | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Les caisses se vident c'est la logique économique mise en place depuis plusieurs décennies avec des taux de plus en plus bas (le crédit moins cher et l'épargne sans risque qui ne rapporte plus) qui favorise le prix des actifs (la valeur de l'immobilier, les actions, l'obligataire montent...), au détriment des revenus qui baissent avec des rendements de plus en plus faibles. Conséquence directe les retraites ne suivent pas et les maisons de retraite apparaissent de plus en plus chères...

Écrit par : L'emprunt moins cher | 01/05/2015

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.